En effet, le poste de juriste permanent en interne sur un mode CDI n’est plus le seul modèle. L’externalisation de la fonction juridique va s’accroître rapidement. D’abord grâce aux techniques de travail collaboratif à distance. Mais aussi parce que la crise a fait prendre conscience aux managers que cette solution de travail à distance marche effectivement.
Dès lors de multiples solutions sont envisageables. La direction juridique pourra par exemple disposer de juristes à distance dans tous les domaines du droit, en France ou à l’étranger, pour les périodes de son choix.
Les frontières qu’on a longtemps crues structurantes et étanches entre recrutements et missions sont devenues beaucoup plus poreuses. Nombre de mandats de la part des clients comportent aujourd’hui une demande de mission pour une première période et une demande de CDI dans un deuxième temps. Pour répondre à ces besoins complexes, il est essentiel d’avoir une pratique de ces deux métiers (management de transition et recrutement) et de connaître parfaitement ces deux démarches qui se chevauchent, mais ne sont pas identiques.
Une fois de plus, la connaissance intime du métier de juriste est essentielle pour comprendre ce nouveau type de besoin, pour pouvoir attirer des talents, et apprécier leur capacité à mener d’abord une mission puis à accepter un CDI.
De plus en plus de juristes disponibles se déclarent ouverts à une discussion autour d’un projet de mission en entreprise, de CDD ou de CDI. Par opportunisme peut-être, mais surtout par pragmatisme puisque c’est le marché qui a ainsi évolué et les frontières qui se sont effondrées.
De ce point de vue, l’adaptation des juristes disponibles est remarquable. Alors qu’il y a quelques années encore beaucoup d’entre eux pouvaient refuser une mission de transition quand ils recherchaient un CDI, ils sont aujourd’hui plus nombreux à candidater en indiquant qu’ils cherchent indifféremment une mission ou un CDI. Pour autant, ils sont soucieux de la cohérence de leur carrière et exigeants sur la nature de la mission. On voit donc arriver sur le marché du management de transition juridique des juristes expérimentés et disponibles pour des missions stratégiques. Ils sont alors attirés par le projet et le niveau de responsabilité qui leur sera confiée. Dans le même temps, ils sont davantage flexibles qu’avant sur leur rémunération, puisqu’ils envisagent de réaliser une ou deux missions de management de transition avant de reprendre plus tard un CDI, et ils savent que c’est seulement à ce moment-là que la négociation de leur package sera engageante pour le long terme. C’est une chance pour le marché du management de transition, une chance pour les grandes entreprises, les ETI, les fonds d’investissement, etc. … de pouvoir trouver aujourd’hui des managers de transition de très haut niveau pour des missions complexes. Ces grands cadres juristes ne sont en revanche pas intéressés par des missions à faible enjeu, même bien rémunérées. Ainsi, les missions de CCD pour des profils de 10 ans d’expérience (!) qu’on voit fleurir avec la crise ne les intéressent pas.
À l’opposé, on voit également arriver sur le marché du management de transition des jeunes juristes, experts ou généralistes, très matures, avec une première expérience réussie en entreprise ou en cabinet, et qui sont déterminés à continuer leur vie professionnelle en entreprise, tout en étant piloté et coaché par l’associé d’une société spécialisée en management de transition juridique, avec la garantie de gagner vite en compétence et en crédibilité grâce à la formation accélérée que représente les missions en entreprise.